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La Lorraine Religieuse - Page 2

  • A la rencontre d'un grand spirituel lorrain

    Frère Laurent de la Résurrection, 

    de Lunéville, Carme du 17èmesiècle

    4 rendez-vous pour mieux le connaître et s’initier à sa méthode de prière.

     

    Dimanche 13 janvier 2019  Salle MAGDALA SOUS L’ÉGLISE ST PIERRE, rue Lionnois à 16H30

    1erConcert lecture de Frère Laurent  par Martine Boiché

    Lecture d’extraits des lettres d’accompagnement spirituel du Frère et en contre point extraits de musique d’Elisabeth Jacquet de la Guerre, compositrice et claveciniste française, la plus célèbre compositrice de l'Ancien Régime sous Louis XIV et Louis XV.

     

     

    Samedi 19 janvier 2019 au CENTRE SPIRITUEL,  après la messe de 9H

    « Frère Laurent dans son époque » par Père Jacques Bombardier

    Une belle promenade dans le 17èmesiècle lorrain et français, siècle merveilleux de créativité, mystique, ravagé par les guerres et les luttes religieuses…

     

     

    Samedi 26 janvier 2019 au CENTRE SPIRITUEL, après la messe de 9H

    Lecture du Frère Laurent par Martine Boiché.

    Biographie de Frère laurent de la Résurrection.et commentaire sur les textes qu'il nous a laissé.

     

     

    Dimanche 3 février 2019   Salle MAGDALA SOUS L’ÉGLISE ST PIERRE, rue Lionnois à 16H30

    2èmeconcert lecture de Fr Laurent par Père Jacques Bombardier.

    Lecture des Maximes spirituelles du Frère Laurent et, en contre point musical, extraits de musique de Marin Marais (1656-1728) à la viole de gambe, élève de Monsieur de Sainte Colombe.

  • VIE DE FRERE LAURENT DE LA RESURRECTION

                Frère Laurent de la Résurrection naquit à Hériménil près de Lunéville en 1614: il s’appelait Nicolas Herman, fils de Dominique Herman et de Louise Majeur. On en sait rien de son enfance ni de sa famille. Il semble ne pas avoir fait d’étude.

                « A dix-huit ans, une intuition soudaine, cosmique, de la grandeur et de la présence de Dieu le saisit profondément. C’est un rappel silencieux du Mystère divin et une première conversion. »(De Meester p.10) La découverte de la puissance de la Résurrection.

                « Un jour en hiver, regardant un arbre dépouillé de ses feuilles et considérant que, quelques temps après, ces feuilles paraitraient de nouveau, puis des fleurs et des fruits, il reçut une haute vue de la providence et de la puissance de Dieu qui ne s’est jamais effacée de son âme. Cette vue le détacha entièrement du monde et lui donna un tel amour pour Dieu qu’il ne pouvait pas dire s’il était augmenté depuis plus de 40 ans qu’il avait reçu cette grâce. » Entretien 1.

                Pourtant c’est vers la profession des armes qu’il s’oriente pour défendre la Lorraine contre la France: nous sommes en pleine Guerre de Trente Ans. Arrêté, soupçonné d’être un espion, il réussit à la dernière minute à prouver son innocence et put rejoindre les troupes lorraines. Il est blessé au cours du siège de Rambervillers en 1635 [1]et revient alors chez ses parents à Hériménil. Plus tard, il parlera des péchés de sa jeunesse et rappellera qu’à un moment, il a voulu « rectifier sa conduite passée. »Il cherche alors intensément sa voie. Il tente un moment la vie érémitique auprès d’un gentilhomme dans une solitude mais abandonne ce genre de vie qui ne semble pas fait pour lui.

                Il part alors à Paris et devient laquais de M de Fieubet.[2]Son oncle maternel – Jean Majeur –  qui est frère convers chez les carmes, exerce une réelle influence sur lui.

                A 26 ans, nous sommes à la mi-juin 1640, il entre chez les Carmes déchaux[3]de la rue de Vaugirard à Paris comme frère convers. A la mi-août, il prend l’habit brun des carmes et le nom de Laurent (patron de l’église de son village natal) et du mystère de la Résurrection. C’est durant son noviciat que Laurent découvre la spiritualité de la présence de soi à la Présence de Dieu dans le livre La discipline claustraledu carme déchaux Jean de Jésus Marie (+1615), un des livres majeurs enseignés dans les noviciats carmes.

                 Frère Laurent avait fait profession solennelle le 14 août 1642. Les débuts sont austères (pendant 10 ans environ) puisque le Frère avouera plus tard avoir été déçu et avoir dit à Dieu : « vous m’avez trompé! ».Il entre dans une nuit profonde qui va durer plusieurs années dont les quatre dernières furent les plus cruelles. Il se croyait hors du salut...  « il me semblait que les créatures, la raison, et Dieu même fussent contre moi et que la foi seule fut pour moi.... Lorsque je ne pensais plus qu’en finir mes jours dans ces troubles et ces inquiétudes, dans un acte d’abandon, ... je me trouvai tout d’un coup changé. Et mon âme, qui jusqu’alors était toujours en trouble, se sentit dans une profonde paix intérieure, comme si elle était en son centre et en un lieu de repos. »

    Laurent vit les 40 dernières années de sa vie dans une présence de Dieu presque continuelle.

                 Pendant quinze ans, il sera le cuisinier de sa communauté parisienne qui comptera souvent plus de cent religieux ! Mais conséquence de sa blessure militaire, Frère Laurent souffre d’une jambe et devient de plus en plus boiteux. La cuisine est trop lourde: on lui confie la savaterie et l’approvisionnement en vin qui le fait voyager en bateau chaque année, en Auvergne ou  en Bourgogne.

                Le Frère a beaucoup de contacts : les ouvriers qui viennent travailler au couvent, les mendiants de la porte, les visiteurs des parloirs... Peu à peu le rayonnement de Frère Laurent  s’étend: des prêtres [4], un évêque [5], des personnes de haut rang et des pauvres le choisissent comme directeur spirituel, lui écrivent et reçoivent réponse. Fénelon est venu le voir peu avant la mort du Frère. On dira bientôt que « Tout Paris » le connaît. Au travers d’un extérieur grossier, on découvrait dans le frère une sagesse singulière, une liberté au-dessus de la portée habituelle d’un frère convers et une pénétration qui dépassait tout ce que l’on en attendait.  « Il avait le meilleur cœur du monde. Sa bonne physionomie, son air humain et affable, sa manière simple et modeste lui gagnaient d’abord l’estime et la bienveillance de tous ceux qui le voyaient. Plus on le pratiquait, plus on découvrait en lui un fond de droiture et de piété qui ne se rencontre guère ailleurs... Lui qui n’était pas de ces personnes qui ne fléchissent jamais et qui regardent la sainteté incompatible avec des manières honnêtes, lui qui n’affectait rien, s’humanisait avec tout le monde et agissait bonnement avec ses frères et ses amis sans prétendre s’en distinguer... Pendant plus d’un demi-siècle, la bonhomie toujours serviable du Frère Laurent, vivant la profondeur d’une contemplation d’où naissait la sagesse de ses conseils, avait réjoui et entraîné les frères du couvent de la rue de Vaugirard. »(id. p.18 - 19). Dans les dernières années de sa vie, il fut souvent malade, pressé de « Le voir bientôt ». Il mourut le 12 février 1691 à l’âge de 77 ans[6].

     

                Les Maximes spirituelles fort utiles aux âmes pieuses pour acquérir la présence de Dieu, œuvre de Laurent et publié en 1692 et les Mœurs et Entretiens du Frère Laurent de la Résurrectionen 1694, les deux ouvrages par les soins de l’abbé de Beaufort vicaire général de Paris eurent beaucoup de succès très rapidement.    

                Mais, lors de la querelle entre Bossuet et Fénelon sur la vie mystique - dans le contexte de l’affaire du quiétisme et de madame Guyon à la fin du XVIIè siècle en 1699 – Fénelon fut condamné mais il fit finement remarquer que ses adversaires  condamnaient chez lui ce qu’ils avaient approuvé chez Laurent ! Ce fut l’éclipse en terre catholique française du Frère et de ses écrits !

                Catholique et française … car ses œuvres furent éditées et rééditées dans le monde protestant (allemand, anglais, méthodiste, hollandais, américain….) jusqu’à aujourd’hui. A tel point que l’édition française des œuvres de 1894 est une rétroversion de la traduction anglaise ! On avait même perdu les originaux du Frère Laurent. La chance fut de retrouver en 1991 un manuscrit daté de 1745 et qui est la transcription exacte des originaux… comportant bien des différences avec le livre édité de Beaufort !! Ces « nouveaux textes » paraitront en 2014 !

     

     

     

    [1]Rambervillersa une place bien marquée dans la guerre de Trente ans. C’est à Rambervillersque Charles IV, duc de Lorraine, se retrancha en 1635, et arrêta l’armée française commandée par le maréchal de la Force.

    [2]Guillaume de Fieubet, né à Toulouseen 1585 et décédé à Parisen 1636 est un parlementaire de Toulouse nommé premier président du Parlement de Provence en 1636. Guillaume de Fieubet, fils du magistrat Arnaud Fieubet, est né à Toulouse en 1585. Il montre de grands talents dans la magistrature ; il est avocat général au Parlement de Toulouse, puis président à mortier dans la même cour. Il est remarqué par Louis XIIIqui le nomme le 20 février 1636premier président du parlement de Provence. Il meurt à Paris en 1636 sans avoir pu prendre possession de son siège.Il semarie à Marguerite de Saint-Pol dont il aura deux fils :Gaspard de Fieubet qui sera premier président du parlement de Toulouse et Bernard de Fieubet, intendant des finances.

    [3]il s’agit des carmes réformés par St Jean de La Croix

    [4]dont le vicaire général de Paris, l’abbé de Beaufort, qui a laissé une biographie de Frère Laurent

    [5]sans doute Mgr Louis-Antoine de Noailles futur archevêque de Paris… et sans doute également

    Fénélon archevêque de Cambrai.

    [6]Nous possédons un recueil de 16 lettres du Frère, un manuscrit de « Maximes spirituelles ou moyens pour acquérir la présence de Dieu » et une biographie (composée d ‘un Eloge  et des Mœurs ) et Quatre Entretiensdu vicaire général de Paris qui fut son dirigé.

  • Concerts lecture

    Les « concert lecture » de cette année sont consacrés à un très grand spirituel carme de notre région : le Frère Laurent de la Résurrection originaire de Lunéville.

    Programme : 

    Dimanche 13 janvier 2019
    Salle Magdala sous l’église St Pierre, rue Lionnois
    16H30

    1erConcert lecture de Frère Laurent
    par Martine Boiché

      

    Samedi 19 janvier 2019 au centre spirituel
    Après la messe de 9H

    « Frère Laurent dans son époque »
    par Père Jacques Bombardier

     

    Samedi 26 janvier 2019 au Centre spirituel
    Après la messe de 9H

    Lecture du Frère Laurent
     par Martine Boiché

       

    Dimanche 3 février 2019
    Salle Magdala sous l’église St Pierre, rue Lionnois
    16H30

    2èmeconcert lecture de Fr Laurent
    par Père Jacques Bombardier

  • Les Lieux Fondateurs de la Doctrine Chrétienne

    Pèlerinage du 7 avril 2018

    Notre premier rendez-vous était à Toul, où le Père Jean-Baptiste Vatelot fut chanoine de la cathédrale de Toul. Les Soeurs de la Doctrine Chrétienne le considèrent comme leur véritable fondateur. En effet, il crée les petites écoles pour les filles. il place dans chaque village des maîtresses, une ou plusieurs suivant la taille du village, qui instruisent les petites filles, soignent les malades, accueillent et forment les mères de famille.

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    La maquette de l'ancien jubé de la cathédrale qui fermait le choeur des chanoines.

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    Lecture du testament du Père Varnerot que nous évoquerons plus tard.

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    La tombe du Père Vatelot. A sa mort en 1748, sa fondation compte environ deux cents membres.

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    Jouxtant la cathédrale, l'ancien évêché et ses jardins. (actuellement la mairie)

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    Le quartier de la cathédrale était entièrement occupé par les maisons des chanoines. Nous ne savons pas précisément où était située celle du Père Varnerot. Voici quelques maisons canoniales...

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    Portail du Savateur :

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    Les nouvelles soeurs viennent se former à la "Mère-école" de Toul (ci-dessous). De même, une fois l'an, toutes les religieuses viennent ici se ressourcer pour que leur enseignement soit sans cesse renouvelé. Voilà un grand précurseur de la formation permanente !

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    Nous sommes ensuite allés à Lucey. C'est dans cette église que le Père Varnerot (1688-1748) fut curé. Le Père Varnerot, c'est la génération précédente. C'est lui qui eut le premier l'idée de créé des classes dans son village pour les petites filles.

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    L'intérieur de son église.

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    Sa tombe dans le cimetière avoisinant.

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    Ses deux nièces Marie et Anne Varnerot furent les maîtresses de la première école. Voici leurs pierres tombales.

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    Sa nièce Catherine Varnerot fut élue supérieure générale des Maîtresses d’école du diocèse. 

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    Son presbytère.

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    Nous nous rendîmes enfin à Bruley, où naquit le Père Vatelot (1688), Chanoine de Toul.(voir plus haut)

    C'est cette maison, lui appartenant, qu'il donna pour fonder l'école. Elle est toujours occupée par des soeurs de la Doctrine Chrétienne.

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    Un délicieux Gris d'Avril nous y attendait ! Un grand merci aux soeurs pour leur accueil. 

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    Cliquer sur les photos pour les agrandir.

  • Les saints lorrains

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    Visite sur les lieux fondateurs de la Doctrine Chrétienne

     

    Sam. 7 avril 2018


    TOUL : Cathédrale (tombe de Vatelot), Mère-école (école normale ) des sœurs.

    LUCEY : Tombe du Père Varnerot et son église.

    BRULEY : Maison natale du Père Jean Baptiste Vatelot

    Lecture du testament de Varnerot et d’un texte spirituel de la Doctrine Chrétienne

     

               avec le Père Jacques BOMBARDIER et Martine BOICHÉ

    rendez-vous :
    au Centre spirituel à 8h pour partir en covoiturage. Retour en fin de matinée.

    ou à 9h
    à la cathédrale de Toul


    renseignements 06 50 83 85 17

     

  • histoire des chrétiens de Lorraine #14

    11 Les raisons de l’adhésion au Christianisme durant l’antiquité tardive.

                Bien sûr, du point de vue de la foi, c’est Dieu qui attire le cœur de l’homme au Christ. « Nul ne peut venir à moi si mon père ne l’attire » dit Jésus. Et quand il parle de ses disciples il dit au Père : « Ceux que tu m’as donnés ». Mais comment se fait l’attirance. Par quelles médiations passe-t-elle ? En voici quelques-unes, les principales, pas forcément par ordre d’importance :

    1 – Au milieu de la prospérité et de la paix romaine, certains aspirent à plus, à une vie moins matérielle, à une vie qui ouvre à l’au-delà, à une vie spirituelle. D’où le grand succès de ce qu’on appelle « les religions à mystères » : Cybèle (divinité née sur le plateau anatolien et adoptée en Grèce et à Rome), Mithra[1] (né en Iran, où on parle de mort et de renaissance, très présent à Rome aux 2ème et 3ème siècles), Isis (reine mythique égyptienne). Elles sont à la fois une préparation à l’entrée dans la foi en même temps qu’elles sont de redoutables concurrents au Christianisme. A la fin du 4ème siècle, au milieu d’une certaine tiédeur chrétienne installée dans un empire qui ne persécute plus, se dessine un grand mouvement de renouveau et de désir de vivre selon l’Evangile. Beaucoup de riches à grande fortune donne leurs biens et se retirent dans une propriété pour la prière et la charité.

    2 – Le réseau de charité qui règne entre les chrétiens dans une société dure, violente et méprisante des pauvres. Peu à peu cette société dure pour les pauvres va apprendre à les secourir.

    3 – L’égalité homme/femme, le respect de la femme et de l’enfant né, l’effacement voulu, désiré, souhaité et réalisé… des clivages sociaux : « il n’y a plus ni esclave ni homme libre, ni grec ni juif, ni homme ni femme, il n’y a que le Christ et vous êtes tous frères en Jésus Christ. » disait St Paul. Dans la communauté chrétienne, dès les origines – songeons à Corinthe, à ses dockers, ses prostituées qui côtoient les riches romains - l’esclave côtoie l’homme libre avec la même dignité, la femme est traitée comme l’homme, l’enfant né est protégé et le droit du père de famille de vie et de mort est aboli. Ainsi s’exprime la lettre à Diognète : « Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. » ( épitre à Diognète.[2])

    4 – Le témoignage des martyrs : dignité, innocence, joie et force dans le martyre lui-même. « Ne vois-tu pas que l'on jette les chrétiens aux bêtes féroces ? On voudrait en faire des apostats ; vois s'ils se laissent vaincre ! Plus on fait de martyrs, plus on fait de chrétiens. Cette force ne vient pas de l'homme ; le doigt de Dieu est là ; tout ici proclame son avènement. » (épitre à Diognète)

    5 – Chez certains, une recherche de sagesse, d’art de vivre qui fait passer de la philosophie païenne à la Bible et à l’Evangile, avec le sens de la grandeur de la Révélation. « Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou par les rêveries d’esprits inquiets; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine. » (Epitre à Diognète)

                Mais ne nous trompons pas. La conversion est chose difficile et les évêques, théologiens prêtres ou laïcs de ce temps, ont beaucoup à défendre la foi chrétienne contre les tenants du paganisme antique, le manichéisme qui se prétend le vrai christianisme, les philosophes grecs qui ont repris vigueur, le judaïsme toujours vivant et critique face aux chrétiens… et à l’intérieur même de l’Eglise l’hérésie arienne[3] et le pélagianisme[4] nécessitent un combat parfois acharné.

     

    EVANGELISATEURS DE L’EUROPE

    St Boniface En Allemagne, Bavière, Thuringe et en Hollande (Frise)  + martyr en 754 centre Fulda

    Les 7 st Evêques évangélisateurs de l'Espagne + 1er siècle centres Tolède et Grenade
    (Saints TORQUAT, INDALECE, SECOND, CECIle, CTESIPHON, EUPHRASE et Hesychios)                

    St Augustin en Angleterre + 604 centre Canterbury 

    St Willibrord en Frise, Luxembourg + 739 centre Echternach

    St Anschaire au Danemark et en Suède + 865 centre Brême/Hambourg 

    St Cyrille et Méthode chez les Slaves  + 869 à Rome  + 885 en Grande Moravie    centre Velerhad 

    St Vladimir et le baptême de Vladimir + 988 centre Kiev

     

    [1] Il y avait un temple à Mythra en face de la maison du pape Clément de Rome en 95, visible encore dans les fouilles de sa maison, sous l’église St Clément.

    [2] Le texte appelé « Epitre à Diognète » est une défense des chrétiens écrite par un auteur anonyme de la fin di 2ème siècle. L’auteur y montre à la fois la souplesse des chrétiens capables de s’intégrer à la vie quotidienne dans l’Empire et la nouveauté discrète, familiale mais radicale dans leur vie et de leur foi.

    [3] Arius prêtre d’Alexandrie déclarait en début du 4ème siècle que Jésus n’était pas Dieu mais un surhomme intermédiaire entre Dieu et l’humanité. Il a été condamné au Concile de Nicée en 325 qui a affirmé la divinité du Christ. Mais l’arianisme a duré longtemps avec la complicité des rois ou des empereurs.

    [4] Autre hérésie née au 5ème siècle. Le moine Pélage niait que le péché originel ait abîmé l’homme, qu’il soit à l’origine de la mort et transmissible aux autres hommes.. Il pensait que l’homme pouvait se sauver tout seul, à la force de la sa volonté et de sa vertu. Les chrétiens se demandaient alors pourquoi le Christ était venu parmi les hommes. St Augustin lui répondra ; dans la polémique très rude, il sera un peu excessif dans le sens contraire à Pélage. Les Pères de Provence le lui reprocheront. Cet excès augustinien a beaucoup coloré la théologie occidentale.

  • histoire des chrétiens de Lorraine #13

                Les 5ème et 6ème siècles à Toul ont vu une transformation importante de l’Eglise : le transfert du logement de l’évêque et des lieux de prière de la communauté DANS les remparts de la cité. Les invasions nombreuses (Huns, Alamans…) ont sans doute poussé à ce déplacement qui s’opéra au moment de l’invasion des Huns (451) ou après leur passage et leurs destructions à la faveur de la reconstruction.

                Les chrétiens de Toul ont donc quitté l’oratoire construit par St Mansuy où il était enterré – bientôt une communauté monastique va assurer le gardiennage de la tombe – pour s’installer dans la cité, le long des remparts dans le domaine que possédait l’évêque successeur de St Evre, St Albaud. Albaud achève l’église t Maurice commencée par Evre et installe sa résidence dans la propriété qu’il avait dans les murs de Toul, adossée aux remparts, la Cour Albaud[1], ainsi appelée jusqu’à la révolution française.

                En plus de résidence de l’évêque, Albaud (ou peut-être déjà l’un de ses prédécesseurs (St Auspice et St Ursus, on a deux dates possibles) construit trois églises l’un à côté de l’autre, un ensemble épiscopal comme souvent dans notre région (Metz et Trêves par exemple). Une Eglise est dédiée à la Mère de Dieu ( TEOTOKO en grec, définition du Concile d’Ephèse en 431), l’autre à St Etienne (son tombeau est découvert à Jérusalem en 415 et beaucoup de cathédrales reçurent ce patronage en France ) qui contenait la cathèdre de l’évêque et une dernière église, ronde, dédiée à St Jean Baptiste et qui était la baptistère.

                En effet, dans la région qui es la nôtre – la Gaule Belgique – on ne construit pas les édifices de culte comme à Rome où l’Eglise a décidé d’employer come modèle de construction la basilique romaine. De la même manière, on ne célèbre pas la messe comme à Rome. Le rite employé dans no régions et qui s’est constitué à la même époque que le rite romain, est le rite gallican : « Nous savons que cette liturgie comportait de nombreuses processions, beaucoup plus que la liturgie romaine et que les croyants étaient davantage associés au déroulement de la messe. Contrairement à la basilique romaine, où les actes liturgiques trouvaient place dans l’abside à l’extrémité de l’église comme sur une scène de théâtre et où les fidèles regardaient depuis la nef et n’entraient en action qu’à la communion, l’intérieur des églises de Gaule était plus compartimenté et partagé au moyen de clôtures. L’autel ne se dressait pas habituellement dans l’abside mais loin en avant dans la moitié orientale de la nef ; derrière se situait la zone séparée et fermée de la tombe du saint que les pèlerins pouvaient rejoindre par les bas côtés sans liaison avec l’autel… Encore au IXème siècle, le plan de St Gall montrait un vaisseau central « barricadé » avec une circulation s’effectuant uniquement par les bas-côtés. » [2]

                La liturgie gallicane est franco-germanique, très proche de ses sources orientales. Comment ces éléments sont –ils parvenus ? « Plusieurs facteurs : l’influence d’évêques orientaux de grandes Eglises ; les pèlerins gallicans qui rapportaient de Terre Sainte des traditions différentes ; la domination des Ostrogoths en Occident dont beaucoup étaient ariens ; l’influence de Jean Cassien (+435) disciple de Jean Chrysostome installé à Marseille dans les années 415-416 et apportant avec lui les traditions liturgiques et monastiques d’Orient qui ont été progressivement répandues par le monastère de Lérins. »[3] On sait que Toul et la région de La Gaule du Nord était en lien avec Lérins.

                « Si la liturgie romaine est précise, simple, pratique et sobre, la liturgie gallicane est précisément le contraire. Attaché à l’influence orientale et correspondant aux anciennes liturgies orientales, le rite gallican était poétique et théâtral, utilisant bien plus l’encens que dans le rite romain classique. Le rite gallican…introduisit l’encensement de l’assemblée plusieurs fois durant la liturgie ainsi que de l’Evangéliaire et l’autel. Il y avait aussi une plus grande variété de choix de textes liturgiques que dans le rite romain (beaucoup de variantes dans la prière eucharistique, certaines parties changeant chaque jour). Les prières s’adressaient au Christ pour combattre l’hérésie arienne, plus poétiques et donc plus longues. L’Evangéliaire n’était pas seulement porté jusqu’à l’ambon mais en une procession triomphale s’avançant au milieu de l’assemblée avec de multiples acclamations « laus tibi Christe[4] ». On réservait l’ambon à la proclamation de l’Evangile. Les autres lectures et le psaume étaient chantés sur les gradins de l’autel. Les séquences développées des fêtes accompagnaient la procession de l’Evangile. On échangeait la paix avant l’offertoire… Le rite gallican a conservé le latin comme langue liturgique. »[5]

     

    [1] Rue St Waast actuelle.

    [2] Paolo PIVA Art médiéval, les voies de l’espace liturgique Picard 2010 p. 64

    [3] p.93

    [4] « Louange à Toi ô Christ »

    [5] p. 93-94